Les contes de la ruelle - Nie Jun - Gallimard

Parce que je ne suis pas du genre à faire une intro à ce blog, on attaque. Point. Bonjour à tous et bienvenus.

Parlons de lecture. Parlons d’un beau moment de lecture.

Un beau moment de lecture, c’est ce qui m’est arrivé en me plongeant dans Les contes de la ruelle. Une pause magique, poétique et onirique. Un pur instant plaisir. Une respiration. Un bol d’air.

Il s’agit d’une bande dessinée de Nie Jun, traduit du chinois par Nicolas Grivel et Qingyuan Zhao, publiée par Gallimard (hors collection).

Je vous invite à feuilleter un extrait, pour 2 minutes de bonheur.

« Dans cette vieille ruelle, tous les bambins, qu’ils soient jeunes ou vieux, ont leur propre rêve… »

Quatre contes pour nous évader, pas si loin que ça. Quatre moments volés pour découvrir Yu’er, la fillette qui clopine, et son pépé Doubao, par tranches de vie – doux rêves étalés au soleil. Des instants simples, mais puissants : de la fausse piscine aérienne dans un arbre, à la lettre qui remonte le temps, en passant par la symphonie en pattes majeures des insectes.

On traverse le temps et l’espace, tout se mélange, tout est lié. Qu’on soit jeune ou vieux, il n’est jamais assez tôt pour rêver et partager. Cette ruelle se dévoile comme une rivière dont on suit paisiblement le courant… et en faisant attention, on peut y voir des merveilles.

Chacun y trouve son compte. Les adultes : une BD poétique et nostalgique. Les parents : une belle façon de faire lire les plus jeunes et de les sensibiliser au handicap et à l’importance de la transmission. Les enfants : de belles histoires d’aventure, de rires, d’écoute et de partage.

Plus concrètement, les dessins sont tous simplement aussi magiques et poétiques que l’histoire qu’ils content. Nie Jun nous offre des aquarelles de haut niveau, aux détails à la fois précis et vaporeux. Les arrières plans sont à tomber et les couleurs, pastel et douces, très harmonieuses. Les planches s’enchaînent et les traits imprécis qui les contournent ne font que renforcer l’onirisme et l’évasion.

Cette lecture, d’abord rapide, puis contemplative, agit sur nous comme un miroir. On se retrouve bizarrement à regarder par la fenêtre, à tendre l’oreille, à inspirer à pleins poumons.

Un véritable coup de cœur.

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