Challenge La Belle et La Bête #CLBLB·Halte en prose·Non classé

Belle – Robin McKinley – Pocket – #CLBLB

Ce roman est une réécriture, vous vous en doutez bien, de la Belle et la Bête. Une lecture douce et enjouée, malicieuse et fidèle. J’ai passé un très bon moment de lecture.

Lu dans le cadre du Challenge La Belle et La Bête et offert par Pluie de M0ts lors de notre swap de Noël, parlons ensemble de Belle, de Robin McKinley, publié pour la première fois en français en 1993 par Pocket et traduit par Sophie Dalle.51cg8w3zirl-_sx304_bo1204203200_

Ce qu’en dit l’éditeur

« Belle ne l’est pas, belle ; la grâce et le charme sont allés à ses deux sœurs. Son prénom, elle le doit à son esprit et à l’ironie de la vie. Mais peu lui importe, elle fuit les mondanités et n’a que faire des robes élégantes. Elle leur préfère les vieux livres et les longues cavalcades. L’atout de Belle, c’est son fort caractère, qui lui sera bien utile. Car son père est ruiné.
Bientôt, ils partent pour le Nord, cette étrange contrée où vivent lutins, sorciers et dragons.
Et là-bas, la Bête se cache…« 

Une réécriture tout ce qu’il y a de plus « classique »

Pardonnez-moi ce mauvais jeu de mots, mais il résume vraiment la portée de mon idée. J’ai beaucoup apprécié ma lecture, car elle m’a apporté exactement tout ce que je souhaitais : une version contemporaine du conte.

Je suis cela dit assez déçue de ne pas avoir été plus étonnée, plus poussée dans mes retranchements par une réinterprétation, plutôt qu’une réécriture, comme pouvait peut-être le laisser transparaître la quatrième de couverture.

Certes, Belle ne l’est pas, belle, en tout cas à ses yeux ; certes, elle s’entend très bien avec ses sœurs et la relation qu’elle entreprend avec sa famille est bien différente de celle de la version originale ; certes les personnages secondaires sont bien plus développés. Mais la différence s’arrête là. J’aurais souhaité peut-être un scénario plus… surprenant.

Des choix stylistiques très bienvenus

Le plus important de tous est, selon moi, le choix narratif : ce roman est écrit à la première personne du singulier et nous suivons le point de vue de Belle. Parfait pour une immersion complète et moderne, ce point de vue nous entraîne immédiatement au cœur du récit, sans forcément être ralenti par le scénario bien connu et attendu.

Mais là où le talent de Robin McKinley (combien de temps allons-nous encore attendre la traduction de sa bibliographie impressionnante ???) se dévoile, c’est surtout dans sa capacité à mettre en place une atmosphère purement féerique. Le château de la Bête, la brise têtue et chahuteuse qui sert la Belle, la forêt sombre et mystérieuse : tout est merveilleusement maîtrisé et sublimé. Aucun doute possible, ce roman est un conte de fée. Les couleurs explosent, les sensations fleurissent de toute part.

Chapeau bas, c’était magnifiquement bien écrit !

Des clins d’œil aux deux versions originales

Et c’est là que j’ai été vraiment surprise et heureuse. J’ai retrouvé des références (subtiles mais bien présentes) à la fois à la version très connue de Leprince de Beaumont (notamment dans la douceur de la Bête et son intelligence apparente) mais aussi à celle, bien moins lue et pourtant originelle, de Villeneuve (la Belle qui rit en imaginant se faire servir par des singes, par exemple, ou bien les fastes de la fin du conte).

En bref : une réécriture de conte fidèle, espiègle et très joliment écrite

Le simple fait que je ai dévoré ce roman en une soirée me prouve que ma lecture a été très positive. Je vous la recommande donc, si vous souhaitez vous replonger dans ce conte de fée, grâce à une écriture subtile et colorée. Voici une version moderne à l’esprit fidèle.

Mais qu’attendent les éditeurs français ?

8089Et donc, en faisant des recherches sur la VO de ce roman, je me suis rapidement rendue compte de deux choses. Premièrement, Belle est le tout premier roman de Robin McKinley (1978). Deuxièmement, elle proposera 19 ans plus tard une deuxième réécriture de la Belle et la Bête (1997), intitulée Rose Daughter et considérée par les lecteurs anglophones comme beaucoup plus aboutie et divergente du conte original. Mais… pourquoi ne pas avoir traduit les deux versions ?

Pour les braves qui lisent en anglais, je vous laisse en compagnie de cet article « Two Beauties, two Beasts » qui résument parfaitement le décalage d’une réécriture à l’autre.

Chers éditeurs français, sachez tout de même que cette auteure de fantasy américaine jouit d’une grande notoriété et est connue comme « madame la réécriture de conte ». Elle a notamment écrit une version moderne de La Belle au Bois Dormant, mais également du Bal des Douze Princesses (bien moins connu), entre autres. Peut-être serait-ce une bonne idée de continuer de faire traduire son oeuvre ?


Et vous, qu’en pensez-vous ?
Au plaisir de vous lire,
Pikobooks.

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10 réflexions au sujet de « Belle – Robin McKinley – Pocket – #CLBLB »

      1. J’ai lu hier la version de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont et j’avoue que je ne suis pas spécialement tentée par celle de Villeneuve qui m’a l’air un peu longue. Cette réécriture me donne plus envie, j’espère la trouver en médiathèque !

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  1. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, c’est vraiment dommage que sa deuxième version ne soit pas disponible en VF je suis trop nulle en anglais pour lire en VO.

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