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Throwback Thursday (05) – du contemporain sous la couette

Cette semaine, ma participation au rendez-vous de BettieRose prend des allures de confidences sous la couette. Après-tout, la lecture, c’est de l’intime non ?

souslacouette

« sous la couette », c’est le thème de la semaine. Je lis très peu au lit. Je suis plutôt du genre une seule série d’audio-livres pour le coucher : Harry Potter de JK Rowling lu par Jim Dale en VO. C’est mon rituel immanquable de l’endormissement que je ne loupe jamais. Je régresse vers l’enfance chaque soir, le temps d’une demie heure.
Ce qui implique : pas de livre sous la couette, ou très peu.

Mes lectures young adult, je les réalise dans mon canapé, thé ou tisane à la maison, emmitouflée dans mes plaids.
Les polars et thrillers : idem.

En revanche, la littérature contemporain et les classiques, il m’arrive beaucoup plus souvent de les apporter dans la chambre. J’ai un rapport plus intime avec la littérature blanche, les textes littéraires travaillés qui vont éveiller ma passion pour les mots. Et je me sens vulnérable, sensible et démunie. Alors je file au lit. Et là, comme un rêve, on va sous la couette.

Cette semaine, je choisis de vous parler d’une auteure en particulier, de littérature contemporaine étrangère, une auteure qui a réalisé un grand tournant dans ma passion et surtout dans la représentation que j’avais de mon moi de lectrice : Tracy Chevalier.

J’ai découvert cette auteure il y a maintenant 6 ans, à la sortie de mes études, par les mains d’une libraire retraitée qui m’avait fait accéder au Graal : sa bibliothèque personnelle (imaginez 60 mètres carré d’étagères, de pile, de montagnes… avec des fauteuils, plaids et lampes… et là il y a 6 ans, j’ai fait le vœu d’avoir un jour une antre telle dans mon futur foyer. Ce n’est pas encore ça mais je ne désespère jamais). Et cette grande dame m’a prêter alors La dame à la licorne.

Quelle merveille, cet ouvrage ! Une écriture à la douceur suave et colorée.
Tous les sens sont mis à l’honneur dans ce roman, à l’image de la tapisserie qui lui a donné son nom.

Mais l’ouvrage qui m’a le plus touchée et marquée de Tracy Chevalier, il s’agit surtout de Prodigieuses créatures, aux éditions Quai Voltaire, paru en 2010.

Ce qu’en dit l’éditeur

« « La foudre m’a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai ».

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration.
Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Celte vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme.

Avec une finesse qui rappelle Jane Austen, Tracy Chevalier raconte, dans Prodigieuses Créatures, l’histoire d’une femme qui, bravant sa condition et sa classe sociale, fait l’une des plus grandes découvertes du XIXe siècle.« 

Ce roman fait appel à des thèmes qui me séduisent :
– l’époque victorienne de la Grande Bretagne : avec ses lots d’évolutions, de technologies innovantes, les conflits sociétaires…
– la question de la place de la femme dans la société : ses évolutions, les combats de femmes qui ne se destinent ni à être des épouses ni à être des mères
– l’enthousiasme et la joie qui émanent d’une passion, qu’elle soit scientifique ou artistique.

Une nouvelle rencontre avec la littérature contemporaine

Coup de cœur comme une découverte archéologique, ce roman, lu quelques mois après ma rencontre avec cette grande dame libraire, m’a réconforter avec la littérature contemporaine. Je considérais à l’époque que ces rayons de librairie étaient soit des top vente de mauvais goût (il n’y a pas de mauvais goût en littérature, je le sais aujourd’hui, mais disons que certains ouvrages me paraissaient beaucoup trop bâclés et commerciaux) ; soit trop prétentieux et élitistes, froids (sentiment que je conserve encore un chouilla dans certaines librairies).
Alors je ne m’intéressais qu’à ce que j’aimais et connaissais à l’époque : la fantasy et l’imaginaire, les valeurs familiales sûres qui me parlaient, parmi lesquelles je n’étais pas perdue ni jugée ni vexée ni apeurée.

Parce que moi, quand je discutais littérature, j’avais toujours l’impression de n’avoir rien lu, de manquer cruellement de culture, de ne pas être légitime, tout simplement parce que je ne lisais pas de contemporain dit érudit. Et ce même après 5 ans d’études supérieures dans la littérature (c’est vous donner un aperçu aussi des mentalités disons malsaines et compétitives des étudiants et professionnels de la littérature)
Mais non ! Bien évidemment que non !

Et donc je me dis que, il y a 6 ans, cette belle vieille dame libraire, qui, du haut de sa culture extraordinaire et de sa caverne d’Alibaba, qui m’a écoutée, moi, la jeunette de 22 ans à l’époque qui lui parlait de Zola et de Rowling dans la même phrase, qui aimait (et aime toujours) Anna Gavalda et les mangas. Et bien elle a commencé un travail extraordinaire de tolérance et de curiosité qui c’est enfin terminé depuis que je suis moi-même libraire.
La littérature contemporaine, c’est une vague gigantesque de romans qui déferle à une vitesse incroyable toutes les semaines. L’impression de se noyer sans prendre son pied est très facile à ressentir.
Il faut tester pour se connaître. Je ne suis, par exemple, pas fan du tout de littérature américaine, ni latine. Mais en essayant, de découvre toujours et malgré tout des exceptions pointent leurs pages (Tracy Chevalier, José Luis Sampedro…).
De même, je suis très sensible à la littérature asiatique. Ce qui n’empêche pas non plus des déceptions et des gros loupés.

Peut importe ce que je lis, tant que cela me plaît. Je trouverai toujours quelqu’un avec qui en parler.
Et pour allez plus loin dans ses grandes considérations matinales un peu trop lyriques, je vous invite à lire le très bel article de mon amie Virginie, qui exprime sa passion pour la littérature de jeunesse.

Bref, tout cela pour dire que « sous la couette », c’est là que je laisse sa chance à la littérature contemporaine. Qui souvent, réussi encore à me faire rêver.


Et vous, qu’en pensez-vous ?
Au plaisir de vous lire,
Pikobooks.


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14 réflexions au sujet de « Throwback Thursday (05) – du contemporain sous la couette »

  1. Elle fait rêver différemment selon les goûts de chacun, il faut beaucoup explorer pour mieux se connaître en tant que lecteur, c’est normal 🙂

    J’ai entendu parler à plusieurs reprises de ce roman, il est dans ma PAL, il faut juste que j’attende « le bon moment » pour l’en sortir 😉 mais effectivement, il m’attire pour toutes les raisons que tu as évoquées !

    Aimé par 1 personne

  2. Très bel article qui donne envie de découvrir de nouvelles choses !
    Personnellement je lis principalement des romans Young adult, fantastique, fantasy etc, qui me correspondent. Il faut dire que je n’ai encore que 18 ans alors je me retrouve beaucoup dans ce genre de livres et j’ai beaucoup de mal à sortir de ma zone de confort. Et peut être aussi certains a priori envers les romans contemporains ^^
    J’ai encore le temps de découvrir de nouvelles choses et je n’ai pas envie de me forcer à lire des livres qui ne me plaisent pas au premier abord ^^
    Mais le roman que tu présentes m’intéresse, je vais l’ajouter à ma WL 🙂
    Merci pour cette découverte !

    Aimé par 1 personne

    1. Tu résumes à merveille ce que je ressentais à ton âge ! ❤
      Un de mes chefs en librairie, à la suite d'une de mes remarques "comparée à vous, j'ai vraiment l'impression de n'avoir rien lu", m'avait répondu qu'on a tous des périodes de lecture différentes et qu'il faut les respecter sans se forcer. Il faut s'écouter, sinon y'a plus de plaisir. Et c'est ce qui compte avant tout. 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Oui je pense que ça ne sert à rien de se forcer, la lecture reste une passion pour moi qui permet de m’évader.
        J’aime découvrir de nouvelles choses mais je retourne toujours à « mes » sources. 😊

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  3. J’aime énormément ta façon d’aborder les choses pour ce thème et cette passion que tu nous transmets au travers de tes mots. Un article complet et touchant et depuis quelques temps Tracy Chevalier apparait dans ma wishlist 🙂
    Merci pour ta participation

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Bettie ❤ ça me touche beaucoup.

      Il y a tout de même un roman de Tracy Chevalier que je ne conseille pas, pas pour commencer en tout cas : La vierge en bleu m'a beaucoup moins touchée que les autres. A éviter donc pour une première lecture.

      J'aime

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