Lire en communauté·Top Ten Tuesday

Top Ten Tuesday (09) – 10 livres d’auteurs de même nationalité

C’est vrai, je ne suis pas très régulière dans mes TTT. J’attends tout simplement d’être inspirée par les thèmes hebdomadaires. Et cette semaine… ça me parle carrément !

Le principe est simple et tout est hébergé chez Frogzine, juste ici. Et pour cette semaine, le thème est « 10 livres d’auteurs de même nationalité« . Je vous propose : le Japon (quelle surprise, me direz-vous). Mais ici, point de mangas, nous allons bel et bien parler de romans.

C’est parti !

Ah oui, tout de même, il s’agit des résumés des éditeurs hein… ça vous donnera sûrement plus envie de les lire que si c’est moi qui vous résume le bazar.


ogawa-yoko-parfum-de-glaceParfum de glace, de Yôko Ogawa (éditions Actes Sud)

Il y a quelque chose dans le suicide de l’être aimé qu’on ne parvient jamais à accepter. C’est le cas de Ryoko, lancée irrésistiblement dans une espèce de quête, gouvernée par la volonté de comprendre pourquoi Hiroyuki, parfumeur de métier, à mis fin à ses jours en buvant de l’éthanol anhydre. Et de partir alors pour la narratrice sur les traces d’un homme étrange et secret. Un voyage dans le temps, qui passe par Prague, par la recomposition des pièces d’un puzzle éclaté, familial, social. Avec une écriture clinique, presque distanciée, Yôko Ogawa parvient justement à rendre compte de cette quête, des premiers moments passés à la morgue aux souvenirs pêle-mêle, d’un sentiment d’échec aux côtés irrémédiables des choses, d’une conscience rongée par les tourments, jusqu’à l’incapacité à se survivre. Tout ce qu’il y a d’universel dans le ratage, dans un suicide, qui glace et qui demeure ici remarquablement tendu et déployé.


Le musée du Silence, de Yôko Ogawa, (éditions Actes Sud)

41jegxfna4l-_sx310_bo1204203200_Un jeune muséographe vient d’entrer en fonction dans un manoir aux confins du monde. Sous la direction d’une vieille femme plutôt étrange, il devra recenser, agencer, mettre en scène une véritable collection d’objets, de reliques du quotidien, de vestiges d’une intimité disparue et pourtant soutirée depuis des années aux défunts du village voisin. Car ces objets ont un seul point commun : ils furent tous volés quelques heures après la mort de leur propriétaire… Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, accumulations, obsessions : la mission de cet homme est complexe car le musée du Silence devra être à la hauteur des souvenirs de la vieille dame.


Le ruban, d’Ito Ogawa (éditions Picquier)

bm_cvt_le-ruban_7094Une grand-mère fantasque et passionnée d’oiseaux trouve un œuf tombé du nid, le met à couver dans son chignon et donne à l’oiseau qui éclot le nom de Ruban. Car cet oiseau, explique-t-elle solennellement à sa petite-fille, «c’est le ruban qui nous relie pour l’éternité».
Un jour, l’oiseau s’envole et pour les personnes qui croisent son chemin, il devient un signe d’espoir, de liberté et de consolation.
Ce roman grave et lumineux, où l’on fait caraméliser des guimauves à la flamme et où l’on meurt aussi, comme les fleurs se fanent, confie donc à un oiseau le soin de tisser le fil de ses histoires. Un messager céleste pour des histoires de profonds chagrins, de belles rencontres, et de bonheurs saisis au vol.


Les bébés de la consigne automatique, de Ruy Murakami (éditions Picquier)

513lbpq5gll-_sx195_Au Japon, les nouveau-nés abandonnés dans les consignes des gares sont voués à une mort certaine. Deux d’entre eux pourtant, Hashi et Kiku, vont vivre. La vie de ces deux enfants est une plaie béante qui ne se cicatrise pas, un cri qui ne se tait pas. Le cauchemar les hante, leur univers s’est réduit aux parois d’une consigne, un monde sans espoir où l’on cherche une échappatoire tout en sachant qu’elle n’existe pas.

Autour d’eux, un brouillard épais et pesant s’est formé, un ciel plombé, où seule la survie reste possible. Et cependant, des éclaircies parfois apparaissent, un chant qui surgit de la gorge de Hashi comme une accalmie au milieu d’une tempête, un saut de Kiku comme une envolée vers un ciel plus bleu, des moments d’émotion suspendus. Mais la douleur est plus forte, aucune libération n’est possible et, ne pouvant supprimer la souffrance, c’est en l’infligeant aux autres qu’ils tenteront de l’oublier.

Ryû Murakami dépeint un univers de destruction, de désolation avec une telle poésie que cette atrocité même devient belle, belle comme peut l’être la mort, belle comme peut l’être la guerre, belle comme le sont parfois les hommes.


La course au mouton sauvage, d’Haruki Murakami (éditions du Seuil)

9782020562287A Tokyo, un jeune cadre publicitaire mène une existence tranquille. Il est amoureux d’une jeune fille par fascination pour ses oreilles, est l’ami d’un correspondant qui refuse de lui donner son adresse pour de confuses raisons…, jusqu’au jour où cette routine confortable se brise. Pour avoir utilisé une photographie apparemment banale où figure un mouton, sa vie bascule. Menacé par une organisation d’extrême droite, il va se mettre en quête de cet animal particulier, censé conférer des pouvoirs supranaturels…
L’écriture de Murakami, à mi-chemin entre réalisme et fantastique,  par son inventivité et son humour, place ce roman dans un univers qui paraît ne rien devoir aux classiques japonais. Son auteur est sans aucun doute l’un des représentants les plus originaux de la littérature nippone contemporaine.


La salamandre, de Masuji Ibuse (éditions Picquier)

1357367-gfIbuse Masuji, né en 1898, est une des figures les plus populaires des lettres japonaises. Animaux, petites gens de province, villageois, sont les acteurs de ces instants de vie qu’il dépeint avec un sens aigu de l’observation et – sous une apparente légèreté – avec un humour délicat et un regard chargé de tendresse.

C’est La Salamandre – que les enfants japonais lisent dans leurs livres d’école – qui le rendit célèbre avant que ses meilleurs récits ne lui attachent l’admiration et la sympathie du grand public. Policier de quartier, médecin de village, aubergiste de campagne, servante, voyageur de commerce : leurs mésaventures, leurs soucis, les petits événements qui rythment leur vie quotidienne forment le tissu de ces récits. Evénements insolites ou cocasses grâce auxquels le lecteur découvrira des aspects peu connus d’une société japonaise en partie disparue.


Rafales d’automne, de Natsume Sosêki (éditions Picquier)

rafale-soseki1Deux jeunes gens, amis très proches depuis leurs études à l’université, font leurs premiers pas dans le monde. L’un est un esthète à la vie brillante d’un fils de famille prospère. L’autre est un aspirant romancier à la santé fragile, qui tire le diable par la queue. Leurs chemins vont croiser celui d’un professeur rebelle et excentrique, chassé pour insoumission à l’autorité de tous ses postes en province et décidé à faire entendre sa voix à Tôkyô. Et le vent qui se lève, ces rafales coupantes de l’équinoxe d’automne, sera celui de la révolte du savant, de l’homme de bien, face à la nouvelle société soumise aux puissances de l’argent qui s ‘installe en ce début de vingtième siècle au Japon. Une révolte que Sôseki défend avec cette passion teintée d ironie qui le caractérise.


Le chat qui venait du ciel, Takashi Hiraide (éditions Picquier)

le-chat-qui-venait-du-cielVoici un roman touché par la grâce, celle d’un chat « si petit et si frêle qu’on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l’extrême ».
Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s’en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d’un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l’incarnation même de l’âme du jardin, gagné peu à peu par l’abandon, foisonnant d’oiseaux et d’insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis…
Hiraide Takashi, qui est avant tout poète, a insufflé une lumineuse et délicate magie à cette histoire du « chat qui venait du ciel », son premier roman, largement autobiographique.


Le poids des secrets, de Aki Shimazaki (éditions Actes Sud)

41vg5temi2l-_sx307_bo1204203200_Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d’abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d’une vie familiale marquée par les mensonges d’un père qui l’ont poussée à commettre un meurtre.

Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n’échappe à son destin.


Comment apprendre à s’aimer, de Yukiko Motoya (éditions Picquier)

71fyyd3dywl-380x550Elle a 16 ans, puis 28, 34, 47, 3 et enfin 63 ans, et découvre au fil de ses apprentissages, de ses déceptions et de ses joies, les sources invisibles du bonheur. Linde évolue sous le regard des autres, trop sage, presque invisible, pleine d’anticipation immobile, elle attend que la vraie vie commence. Elle se heurte au fossé qui nous sépare irrémédiablement d’autrui, et aux succédanés d’un bonheur idéal. A 63 ans, elle attend encore de la vie et des autres ce qu’ils ne peuvent lui donner. Mais, un jour, en attendant le facteur, elle finira par remarquer : « pour quelqu’un qui avait raté sa vie, il lui semblait qu’elle ne s’en sortait pas trop mal. »

Une série de moments qui évoquent ses apprentissages, ses déceptions et ses joies. Attendant toujours de la vie et des autres ce que personne ne peut lui donner, elle prend conscience à 63 ans que, pour quelqu’un qui a raté sa vie, elle ne s’en sort pas trop mal.


Et voilà ! J’espère que ce petit Top Ten Tuesday vous aura donné envie de découvrir la littérature japonaise, celle que j’apprécie tant et qui me fait toujours vibrer.


Et vous, qu’en pensez-vous ?
Au plaisir de vous lire,
Pikobooks.


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14 réflexions au sujet de « Top Ten Tuesday (09) – 10 livres d’auteurs de même nationalité »

  1. Très beau top qui se démarque des autres. J’ai lu très peu de romans japonais et suis donc ravie de la découverte !
    J’ai relevé quelques titres comme « Le ruban », « La course au mouton sauvage », « Comment apprendre à s’aimer » et vais essayer de me renseigner pour voir la médiathèque les possède.^^

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai hésité à choisir le Japon mais je trouvais ça trop facile, j’avais trop de livres à porté de main ^^
    J’ai lu parfum de glace, j’ai bien aimé. Il se dégage toujours une étrange ambiance des romans de Ogawa. Mon préféré d’elle c’est Cristallisation secrète. Tu l’as lu ?
    Je n’ai pas lu les autres titres, je prends note 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Oui j’ai lu Cristallisation secrète et j’ai adoré aussi. Y’a toujours un petit côté étrangement dérangeant et poétique à la fois dans ses romans et c’est ce qui fait que moi j’y reviens. 🙂

      C’est grâce à Yoko Ogawa que je me suis intéressée plus sérieusement à la littérature japonaise.

      J'aime

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