Rat Queens (T01) – Roc Upchurch et Kurtis J. Wiebe – Urban Comics

Comme à son habitude, Urban Comics nous propose un titre original et à la couverture qui claque. Alors oui, je me suis lancée grandement tentée. Et le résultat est assez mitigé. 

Parlons ensemble de Rat Queens, tome 1, aux dessins de Roc Upchurch et au scénario de Kurtis J. Wiebe, paru aux éditions Urban Comics dans la collection Indies le 15 avril 2016. Je sais bien que je vous parle souvent de cette collection (Saga, Fables… entre autres), mais c’est que vraiment, je suis très sensible à sa ligne et ses choix éditoriaux.

Moi, quand j’aime, j’oublie pas !

Ce qu’en dit l’éditeur

« Hannah, Violet, Dee et Betty, aussi connues sous le nom de Rat Queens, n’ont pas pour réputation de faire dans la finesse. Elles n’ont pas leur langue dans leur poche, leurs armes de guerre non plus d’ailleurs. Elles font parties des cinq groupes de mercenaires chargés de protéger la petite ville de Palissade. Lourde responsabilité pour ces quatre jeunes effrontées, surtour lorsque les aventurières s’avèrent aussi ingérables et destructives que les adversaires qu’elles combattent… Faudrait-il y voir l’origine de la horde d’assassins lancée à leur poursuite ?« 

Quand le comics fantasy rencontre le jeu de rôle

Le ton est donné dès les premières pages : du moderne, du patoche, du jeu de rôle ! De quoi plaire à tous les fans du Donjon de Naheulbeuk (présente !) et à ceux qui savent l’écrire. Le ton est très léger, drôle et enjoué, les blagues, qu’elles soient potaches à la Deadpool ou plus raffinée à la Spiderman, sont appréciées, quoiqu’un peu répétitives.

Et tous les schémas classiques sont respectés : de la baston, de la bière, des acolytes simplistes qui tapent pour ensuite réfléchir, le fameux traite, le troll pas bien fute-fute… Bah, on le voit venir gros comme une maison, mais c’est toujours aussi bon !

De l’héroïc-fantasy bien bourrine conjuguée au féminin

Tout est là : l’elfe, la sorcière, la naine, la « lutin ». Et je dis bien « la ». Car ce comics est composé à 90 % de personnages féminins, sans pour autant tomber dans les clichés très plats du genre. Alors rien que pour ça, ça vaut le coup de se faire plaisir. Et soyons honnête, cela fait aussi partie des arguments de la couverture et une des raisons pour lesquelles j’ai craqué en librairie.

Qu’on se le dise, c’est potache. Je l’ai déjà dit, mais je le répète : cela fait beaucoup de bien autant de second degré, autant d’humour dosé avec de gros sabots. Approchez, messieurs-dames, venez vous fendre la poire pendant une centaine de pages avec de jolis dessins et des personnages sympathiques. Point.

Des illustrations quelques peu inégales

Voilà, c’est là que ça coince. J’accroche au concept, mais pas tellement à l’objet fini. Les illustrations de promotion, les entre-chapitres, la couverture : tout cela est sublime. Mais certaines cases manquent cruellement de détails, voire de finition, tout simplement. La qualité est clairement inégale et cela gène énormément à la lecture.

Les demoiselles, quant à elles, sont sublimes. Chaque visable est travaillé avec attention, malheureusement au détriment des corps, laissés un peu en suspens. Certains arrières plans m’ont également un peu fait tiquer, j’ai beaucoup de mal avec le flou artistique dans une bande dessinée, même si je sais que c’est moderne (et que c’est aussi ce qui m’avait séduite dans Saga… bon, c’est vrai).

J’ai vraiment été gênée et parfois même déçue par certaines planches. Les illustrations colorisées par infographie, j’imagine, manquent souvent de finesse. Et c’est bien dommage, car le charadesign est topissime et les quatre personnages principaux très attachantes.

En bref, une belle petite lecture fort sympatoche

Je fais volontairement l’impasse sur le scénario, car il n’est franchement pas folichon. Mais il n’est pas non plus absent, j’ai même eu une belle surprise. Mais disons que ce n’est pas une des raisons pour lesquelles je conseillerais cette bande dessinée.

Non, je conseille ce comics à celles et ceux qui veulent passer un bon moment de lecture, dans la joie et la bonne humeur. Celles et ceux qui veulent une bonne petite poilade à la FreakSqueele. Bref, celles et ceux qui veulent s’évader, l’espace de 40 minutes, hors du temps et profiter d’un bon vieux comics de fantasy.

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