The Promised Neverland

A la suite d’une conférence passionnante autour des questions éthiques de l’anti-spécisme dans les mangas, je me suis enfin plongée dans la grande saga The Promised Neverland ! Une série de mangas qui a explosé en 2018. On en cause un peu ?

Ou comment la philosophie m’a donné envie de lire tout plein de mangas

J’ai eu la chance de pouvoir me rendre à la conférence organisée par la librairie Le Renard Doré, ce vendredi 25 janvier, en présence de Thomas Lepeltier et animée par Sita Tout Court, pour parler d’anti-spécisme, de véganisme et de la notion de souffrance des animaux (domestiques, d’élevage mais aussi sauvages) dans les productions de mangas contemporaines. Vaste débat qui a soulevé de nombreuses pistes de réflexions grâce à une sélection de mangas ultra intéressante que je vous invite à découvrir ci-dessous. Si vous souhaitez découvrir de la littérature scientifique autour de la question du véganisme et de l’antispécisme, je vous invite également à découvrir les ouvrages de Thomas Lepeltier, un orateur hors pair et un penseur très accessible et pédagogue (ah et au passage, un article sur sa dernière publication ici, très intéressant). De quoi se creuser un peu la cervelle.

A propos de The Promised Neverland

The Promised Neverland est une série de manga (actuellement en cours de publication au Japon depuis 2016), scénarisée par Kaiu SHIRAI et illustrée par Posuka DEMIZU. Ce manga est publié en France aux éditions Kazé et traduit par Sylvain CHOLLET. A l'heure où j'écris cet article, cinq tomes sont disponibles en publication française.

Ce qu’en dit la maison d’édition

Emma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat Grace Field House. Entourés de leurs petits frères et sœurs, ils s’épanouissent sous l’attention pleine de tendresse de “Maman”, qu’ils considèrent comme leur véritable mère. Mais tout bascule le soir où ils découvrent l’abominable réalité qui se cache derrière la façade de leur vie paisible ! Ils doivent s’échapper, c’est une question de vie ou de mort !

AVERTISSEMENT à lire pour ne pas être spoiler

Si vous ne souhaitez pas connaître le nerf de la guerre de Promised Neverland (je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il s’agirait d’un élément spoilant étant donné que celui-ci est annoncé dans le premier tiers du tome 1 sur une série de 12 tomes encore en cours, m’enfin), ne lisez pas mon article. Je ne compte pas m’embêter à le cacher, car alors je n’aurais tout simplement rien à en dire. Je vais donc vous spoiler le premier tiers du tome 1. Vous voilà prévenu.e.s.

FIN DE L’AVERTISSEMENT

Une introduction à l’anti-spécisme

The Promised Neverland, en transformant un orphelinat humain en ferme agricole pour démons carnivores et gourmets (voilà, t’es spoilé.e du premier tiers du tome 1, je t’avais prévenu.e), propose au lectorat une entrée aux grandes notions de l’antispécisme. Quoi ? Des enfants élevés comme du bétail ? Quelle horreur !

En s’indignant face à la situation de ces enfants, les lecteurices sont invité.e.s à se poser quantité de questions : pourquoi est-ce si affolant lorsqu’il s’agit d’enfants humains et non d’animaux non-humains ? Est-ce le fait que les enfants découvrent la vérité qui rend la situation atroce ou bien est-ce le système même qui nous révolte ? Finalement, une ferme « du bonheur » est-elle possible intrinsèquement ? (Le fameux couteau bio).

Bon. Certes, c’est la lecture que j’ai choisie de faire, il n’est pas certain que cela soit le message que les auteurices souhaitent véhiculer (d'ailleurs, il ne me semble pas avoir lu quoi que ce soit à ce propos sur la toile, ce qui est bien dommage). Quand bien même, c’est une porte à la réflexion antispéciste, et ça, il n’y a pas de doute. Reste par ailleurs la question de ce que mangent les enfants eux-mêmes (on voit à plusieurs reprises de la viande sous vide cuisinée par les orphelin.e.s : steacks hachés, saucisses…). Le fait même que l’on s’interroge sur la provenance de cette viande fait immédiatement penser aux fameuses farines animales dont on gave encore aujourd’hui certains animaux d’élevage. Bref, attendons de voir comment la série va évoluer. Mais force est déjà de constater que la thématique est posée et qu’une discussion censée peut déjà s’en nourrir. Quelle bonne nouvelle !

201901271548609672889
201901271548609855310
201901271548610011625
201901271548610235139

Un Escape Game haletant – un feuilleton qui prend aux tripes

En plus d’être un manga innovant, The Promised Neverland est également riche d’un suspens exacerbé, soumis à un rythme délicieusement anxiogène, qui sera familier à tout.e.s celleux qui aiment la fiction d’évasion. Il s’agit d’un divertissement dont on ne peut pas s’échapper et qui nous rappelera à tout.e.s la souffrance de devoir attendre une semaine entière avant d’obtenir un nouvel épisode de nos séries préférées (merci encore aux studios qui choisissent de publier une saison intégrale sans nous faire poireauter).

Un duo qui cartonne !

La complexité de The Promised Neverland est brillamment soutenue par un dessin fin et travaillé. Ce dessin, qui mélange douceur et angoisse à travers des traits tantôt "kawaï", tantôt "thriller terrifiant", résulte d’une symbiose palpable entre le scénariste Kaiu SHIRAI et illustratrice Posuka DEMIZU. On sent un vrai travail de conception en duo et cela fait réellement plaisir à lire. (Difficile de trouver des extraits sans vous spoiler pour le coup).

Des émotions en pagaille !

S’il y a bien une chose qui m’a profondément plu dans ce manga, ce sont les témoignages constants de solidarité de la part des orphelin.e.s. L’individualisme n’a pas sa place dans cette grande famille, et l’altruisme n’est pas une faiblesse naïve, mais une formidable force en mouvement.

Les personnages n’ont d’ailleurs pas peur de demander pardon, de l’aide ou des conseils. L’échec (s’il est en effet une question de survie), n’est jamais présenté comme une honte ou un élément insurmontable. Le pardon, quant à lui, est plusieurs fois mis en scène avec une grande subtilité.

Pour un manga qui axe son intrigue sur des questions de vie ou de mort, c’est un vrai plaisir que d’y voir des tranches de vie touchantes.

Les rares adultes présentes ne sont d’ailleurs pas victimes de manichéisme (ce que l’on aurait pu craindre) et leur développement n’est pas oublié et permet de vivre de grands moments d’émotions (oui, je subis encore cette montée de larmes du tome 5).

En bref, un coup de cœur palpitant pour ce page-turner !

Il s’agit d’une excellente surprise ! Je ne m’attendais pas à apprécier autant ce manga prépublié dans le magazine Weekly Shônen Jump (ce n’est souvent pas ma tasse de thé). Mais le rythme effréné, le scénario complexe et l’atmosphère haletante m’ont totalement emballée. Je conserve quelques réserves, notamment sur la représentation trop burlesque du personnage féminine morphotypée africaine de Sœur Krone (on flirte bien trop avec le cliché raciste pour que je ne sois pas mal à l’aise), mais je suis persuadée de conserver cette étincelle dans les yeux un long moment ! A quand la suite ?

Commentaires   

the old stereo
# the old stereo 09-10-2019 09:35
For latest information you have to go to see world wide web and on internet I found this site as a most
excellent site for hottest u[censored]ates.

Also visit my web-site - the old stereo: http://iowa-bookmarks.com/story5916714/adapter-f%C3%BCr-lenkradfernbedienung
Répondre | Répondre en citant | Citer
poor radio reception
# poor radio reception 28-09-2019 12:55
Hello very cool web site!! Guy .. Excellent ..
Superb .. I will bookmark your web site and take the feeds additionally?
I'm satisfied to seek out numerous useful info right here in the publish, we'd like
work out more strategies on this regard, thanks for sharing.
. . . . .

My web page - poor radio reception: http://buckstake.group/index.php?action=profile;u=113842
Répondre | Répondre en citant | Citer

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Copyright © PikoBooks 2017