Ronces Blanches et Roses Rouges - Laëtitia Arnould - Magic Mirror

Les habitués de la toile l'ont déjà vu passé ce petit roman, j'en suis certaine. Une réécriture du conte de Blanche neige et Rose rouge, paru chez une petite maison d'édition toute nouvelle, ça intrigue forcément.

Alors quand en plus, cette maison d'édition a l'intelligence de sortir sa toute première publication sur deux supports, papier et numérique, permettant ainsi à la lectrice pauvrette que je suis de tester sans me ruiner, c'est encore plus tentant.

Et pour finir, cette charte graphique sublime liée à une ligne éditoriale innovante, originale et prometteuse... Wouaw. Allez, on tente !

Parlons tout d'abord de Magic Mirror

magimirror

Cela ne vous aura pas échappé, avant même d'entamer le roman que je me suis offerte chez eux au format numérique, j'étais conquise par la maison d'édition. Portée avec vie et passion par Sandy - à la fois depuis sa chaîne booktube personnelle (à voir absolument tant ses analyses de contes sont riches et intéressantes) mais aussi depuis la chaîne youtube officielle de la maison, cette jeune maison d'édition représente tout ce qui m'anime dans le monde du livre : passion, espoir, rêve et audace.

Lancée grâce à un financement participatif, leur première publication a été accueillie avec bienveillance et par la blogosphère et par booktube, car cette maison moderne a su communiquer rapidement et de façon tout à fait sincère sur la toile. A taille humaine, il est facile de rester simple et accessible, et c'est un réel bonheur de pouvoir suivre les avancées de ce beau et audacieux projet.

Si, malgré tout, la lecture de leur premier ouvrage n'a pas été un coup de cœur, j'en garde un très bon souvenir et je serai fière de pouvoir dire "je les soutiens depuis leurs débuts".

Bravo donc tout d'abord à l'équipe de Magic Mirror, qui a l'audace de lancer une maison d'édition sans suivre les modèles impériaux. Bienvenus à eux dans cette merveilleuse aventure et longue vie à Magic Mirror éditions.

Parlons ensemble de leur toute première publication : Ronces blanches et Roses rouges, écrit par Laëtitia Arnould, paru en février 2017.

Ce qu'en dit l'éditeur

"Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables.
Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d’une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.
Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage.
Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.
Quitte à croire en la magie.
Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours…
La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge."

 

Un conte moderne et audacieux

La force de la narration de ce roman réside dans l'alternance, dès les premières pages, entre un prologue contemporain et une intrigue atemporelle. L'action du roman se situe-t-elle dans notre réalité contemporaine ou bien dans un XIXe siècle alternatif ? Aucun marqueur n'est réellement capable de nous en assurer, ce qui plonge immédiatement le lecteur dans une incertitude délicieuse, propre au conte contemporain.

Les différents symbolismes développés tout le long du récit sont d'ailleurs là pour nous le rappeler. Le lectorat est considéré comme malin. On ne lui explique pas bêtement les choses. En ce qui concerne les symboles et les motifs du conte, autrice applique avec brio la règle si chère à mon cœur du "don't tell, just show". Bravo pour cela. Bravo aussi pour le développement très intéressant que l'autrice fait des différents motifs du conte traditionnel, la lecture devient active et intelligente. Comme c'est agréable.

Les différentes interprétations à faire sur ce pianiste, cet ours, ces ronces sont libres. Si la fin de l'ouvrage nous offre des réponses, le cheminement du lecteur est laissé libre et ça, c'est formidable.

Sur le fond donc, il y aurait vraiment énormément à dire et je dois reconnaître que m'étaler ici ne serait que

, qui nous parle avec cœur de ce roman et de ce qu'il implique.

Cela dit, sur la forme, je n'ai pas été convaincue.

Une écriture jeune, trop naïve

Oui... j'ai longtemps hésité avant de parler librement de mon ressenti littéraire face à ce petit roman que j'avais cela dit envie de porter le plus loin possible. Mais j'ai été quelque peu déçue par la qualité littéraire du texte. J'ai souvent tiqué, voire grogné. Je sais que je suis parfois beaucoup trop exigeante, voire chipoteuse, mais c'est aussi ce qui fait qu'un roman peut me séduire entièrement : le style. Et ici, si Laëtitia Arnould maîtrise la forme du conte parfaitement, si son interprétation moderne du conte de Blanche neige et Rose rouge est admirable, son écriture est encore trop chancelante pour que je puisse dire que ce roman est brillant.

Je parlerai donc de promesse. Ce roman est une promesse littéraire. Celle d'une progression, d'une maturation, d'un apprentissage. Je suis totalement charmée par les idées de Laëtitia Arnould, mais pas par son écriture, trop simple, trop "jeune".

Si certains passages étaient clairement magnifiques (on peut dire que Laëtitia Arnould maîtrise parfaitement les descriptions symboliques et poétiques), la narration en elle-même manquait de maturité. Elle devient pataude et bancale, et nous explique au lieu de nous montrer.

Une promesse éditoriale merveilleuse

Et c'est pour cela aussi que j'ai axé ma chronique, une fois n'est pas coutume, sur les promesses éditoriales faites par Magic Mirror plutôt que sur mes impressions littéraires.

Ce premier roman répond à toutes les promesses données : une réécriture de conte moderne, audacieuse, réfléchie et qualitative. Si j'ai été bien plus séduite par le fond que par la forme, ce n'est pas le cas de l'ensemble des lecteurs dont j'ai déjà lues les chroniques et cela promet une belle vie éditoriale à Laëtitia Arnould (que je suivrai avec intérêt) comme à Magic Mirror (que j'encouragerai avec passion).


Et vous ,qu'en pensez-vous ?
Au plaisir de vous lire,
Pikobooks.

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