Ce que murmure la mer - Claire Carabas - Éditions Magic Mirror #RLN2017

Je suis très curieuse : les réécritures de contes me fascinent, surtout quand elles ont l’intelligence de mêler habilement conte traditionnel et modernité contemporaine. Ce roman, j’en attendais donc beaucoup : je n’ai absolument pas été déçue !

Parlons ensemble du roman de Claire Carabas, Ce que murmure la mer, réécriture du conte La Petite Sirène d’Andersen et publié aux éditions Magic Mirror en septembre 2017 dans le cadre de la rentrée littéraire (oui, la #RLN2017 parle également de SFFF, vous l'avez compris) que je vous encourage très grandement à découvrir (je vous en parlais pour la première fois lors de ma lecture de leur première parution : Ronces blanches et roses rouges, de Laëtitia Arnould).

Ce qu’en dit l’éditeur

 « Je quitte mon monde, une fois de plus, pour aller à la rencontre du vôtre.
Je m’approche des lumières qui ceinturent vos rivages.
Je respire l’odeur de votre terre, de vos plantes et de vos feux.
Je longe vos côtes. Je peux nager longtemps.
Inlassable, je fends l’eau. Je cherche ce chant à nul autre pareil.
Ce chant que les femmes adressent à leurs hommes perdus.  »

L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne.

Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies.
Eperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son coeur?

Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

Une littérature moderne et sensible

J’ai été immédiatement séduite par la légèreté maîtrisée de l’écriture de Claire Carabas : ni trop peu ni trop tout court. Cette maîtrise s’exprime également à travers la longueur du récit : ce roman est court, il n’en fallait pas plus, rien ne sert de meubler quand peu de pages suffisent à faire voyager et rêver.

Cette écriture simple et douce met en avant les sentiments puissants/violents/forts/profonds des personnages et cela fonctionne à merveille me concernant :

« Je n'ai connu ton nom qu'après avoir perdu ma voix. Mais longtemps, sans même le connaitre, je l'ai porté au fond des eaux. »

L’alternance des narrateurs (procédé littéraire très en vogue, à raison d’ailleurs – j’en suis fan), entre notre sirène et l’homme qui la fascine, permet une lecture ultra fluide et rapide ainsi que des variations de vocabulaire et de ton très appréciées de ma part.

En bref, question écriture, j’étais séduite.

Entre conte traditionnel, modernité et mythe antique

La grande intelligence des éditions Magic Mirror, c’est de proposer une version traditionnelle du conte en fin d’ouvrage, afin de pouvoir réellement profiter des choix d’écriture de l’autrice. Cela offre une expérience de lecture vraiment intéressante.

J’ai particulièrement apprécié les différentes teintes du roman : le récit nous plonge tout d’abord dans un univers plutôt classique et lumineux, puis on nage de plus en plus profond au cœur de l’âme « humaine » (la figure de la sorcière m’a vraiment plu, notamment grâce au développement écologique apporté plus tard et les parallèles que l’on peut en tirer).

Mais ce qui a fini de me convaincre, c’est bien évidemment le subtil mélange entre Andersen et mythe gréco-romain : cette sirène naïve et puérile qui va, au fur et à mesure du récit, acquérir une profondeur de sentiments beaucoup plus proche de la créature mystérieuse et dangereuse combattue par Ulysse et Sinbad.

Une réécriture de conte à découvrir

Oui, je suis séduite. J’ai passé une excellente après-midi en compagnie de ce roman. Je vous encourage donc très fortement à découvrir le tout premier roman de Claire Carabas ainsi que la deuxième parution de la jeune mais talentueuse maison d’éditions Magic Mirror.

Et vous, avez-vous une réécriture de conte à me conseiller ?

Commentaires   

Clémence
# Clémence 22-10-2017 17:35
Waouh ! Celui-là j'ai adoré la couverture quand je l'ai aperçu sur les comptes instagram pour la première fois, et puis en tant qu'amoureuse du monde marin, forcément c'est déjà quelque chose qui m'attire. Par ailleurs, j'aime beaucoup le conte de la petite sirène, mais le vrai, pas le Disney dont je n'ai jamais été très fan. J'ai d'ailleurs vu une version asiatique quand j'étais petite que mon grand père avait enregistré sur une VHS et je la réclamais à ma maman alors que je fondais toujours en larme à la fin, ça lui faisait de la peine haha Je n'ai encore jamais lu de réécritures de contes, mais là ça me rend donc plus curieuse que d'habitude, d'autant plus que la mythologie est également quelque chose qui m'a toujours plu ! Alors ta chronique me confirme cette envie de me le procurer un jour ! :)
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Oukouloumougnou
# Oukouloumougnou 08-10-2017 14:47
Bon, je t'avoue que tu m'avais déjà bien donné envie de découvrir cette maison d'édition, mais ton avis me conforte dans cette décision. Le conte d'Andersen et si cruel, il m'a hanté quand j'étais petite (de par l'adaptation dessin animé, mais je ne me souviens plus qui l'a faite).
Bref, je pense que je vais bientôt craquer pour ce bel ouvrage !!
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Pikobooks
# Pikobooks 15-10-2017 14:17
Oui !! Mais pareillement ! Ce conte est si cruel ! Et l'adaptation en dessin animé par un studio japonais m'avait totalement traumatisée. C'était "La petite sirène" de De Tomoharu Katsumata, sorti en 1975. Je l'ai vu bien après la Petite Sirène de Disney, mais il m'avait marquée !!

J'espère que cet ouvrage te plaira. Et puis, tu sais que tu fais une bonne action ;)
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