Les gens heureux lisent et boivent du café - Agnès Martin-Lugand - Pocket

Ce roman, je l’ai reçu à Noël. Je l’avais même carrément commandé au Père Noël et mon amoureux m’a entendue. Joie ! Bonheur ! Enfin… jusqu’à ma lecture.

Parlons ensemble du roman Les gens heureux lisent et boivent du café, premier roman d’Agnès Martin-Lugan, publié initialement chez  Michel Lafon 2013 puis en poche chez Pocket en mai 2014.

Ce qu’en dit l’éditeur

« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

La douche froide du siècle

Je ne comprends pas… Je n’ai pas, mais alors pas du tout apprécié ma lecture, je me suis arrêtée plusieurs fois pour rire, souffler, pouffer, lire des passages à haute voix à mon amoureux pour exorciser un peu la déception.

C’est très très douloureux pour moi d’écrire cette chronique, car je suis partagée entre l’envie de ne blesser personne, car ce livre est incontestablement un succès et qu’il a plu à nombreux de mes amis, et l’envie de lâcher les chiens et de râler un bon coup pour exprimer ma lassitude (et même un soupçon de colère).

Une histoire qui est passée loin au dessus de moi

18468591Il faut dire que j’avais de très grandes attentes concernant la résilience dont on me parlait dans le résumé. Je suis une inconditionnelle du film Toute la beauté du monde, de Marc Esposito (adapté du roman du même nom et du même auteur), que je vous recommande d’ailleurs de tout cœur. Et le thème des Gens étant terriblement similaire, je me disais : bingo !

Mais non, je suis complètement passée à côté du scénario, que j’ai trouvé terriblement classique et convenu, voire prévisible. Dommage donc, car une histoire simple, si elle est construite avec finesse, peut être magnifique.

Je rends cependant hommage à la fin du roman, loin des clichés qu’il porte et qui m’a laissé une très belle impression.

Une écriture à laquelle je ne suis vraiment pas sensible

Non, bien au contraire. J’aime les romans simples, les écritures épurées, des phrases courtes et simples. Souvent, la plus belle littérature est dans les mots simples. Mais là, non, pas d’accord avec ce que j’ai pu lire sur la toile. Ce roman renferme beaucoup trop de lieux communs, d’expressions toutes faites, de raccourcis. Et ça, ça m’a totalement rendue hermétique aux personnages, à la psychologie mise en place dans ce roman.

J’ai des notés des exemples, au cas où, mais je les garde pour moi, je ne veux bloquer personne.

Cela dit, il y a tout de même une phrase qui m’a fait sortir de mes gonds (pour utiliser un lieu commun) :

« Je renouai avec des gestes de femme : m’enduire la peau de crème hydratante, mettre une goutte de parfum au creux de mes seins, lisser mes cheveux, choisir de la lingerie, m’habiller avec l’envie de séduire.« 

Vous connaissez sans doute mon goût pour les clichés genrés et les classifications sexuées ?Alors oui, cette phrase s’imbrique dans un mouvement de reconstruction du personnage principal, ravagée par une dépression ; mais la femme que je suis, qui ne met pas nécessairement de parfum sur ses nichons, qui prend la première culotte venue (propre) le matin et qui s’habille sans l’envie de séduire, mais juste d’être bien dans ma peau s’indigne un chouilla d’un tel raccourci. Je pense également à mon amoureux, qui, lui, met de la crème hydratante, se coiffe tous les matins (contrairement à moi et ma crinière libre) et aime être beau à mes yeux : il sera heureux d’apprendre qu’en vérité, il est une femme. Il est ce qu’il veut, d’ailleurs, mais tout de même, pourquoi genrer ces petites habitudes du quotidien ?

Je suis tout de même heureuse d’avoir lu ce roman

J’y pensais depuis si longtemps, je passe devant tous les jours au boulot, on me le demandait… Alors oui, je suis contente de l’avoir lu, même si je ne l’ai pas aimé. Je suis d’ailleurs encore très curieuse de lire d’autres romans d’Agnès Martin-Lugan, car cela m’intrigue encore.

Je souhaite longue vie à son oeuvre littéraire qui, si elle ne m’a pas touchée, a su faire lire beaucoup de personnes et a connu une très belle histoire éditoriale.


Et vous, qu’en pensez-vous ?
Au plaisir de vous lire,
Pikobooks.

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