Prodigieuses Créatures - Tracy Chevalier - Quai Voltaire

Parlons donc ensemble (dans une mini-chronique) de Prodigieuses créatures, de Tracy Chevalier, publié en France aux éditions Gallimard dans leur collection du Quai Voltaire en 2010 et traduit par Anouk Neuhoff.

Ce qu’en dit l’éditeur

«La foudre m’a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai.» Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces «prodigieuses créatures» dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration. Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Cette vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme. 
Avec une finesse qui rappelle Jane Austen, Tracy Chevalier raconte, dans Prodigieuses Créatures, l’histoire d’une femme qui, bravant sa condition et sa classe sociale, fait l’une des plus grandes découvertes du XIXe siècle.

Un portrait incisif de la condition féminine au XIXe siècle

Porté par une écriture douce et érudite, ce roman est aussi intelligent que poétique dans sa réalisation. Deux femmes, l’une jeune  et de modeste condition, l’autre vieille fille et déjà vidée d’illusions, fracassent la porte d’entrée du monde fermé et misogyne de la science. Leur parcours est un cas d’étude, une belle leçon d’Histoire et une invitation à la mise en perspective de notre époque, sans pour autant être moralisatrice à l’excès. Chapeau pour l’équilibre bien mené entre dénonciation et désir de conter le destin de personnages bien réels. (Pour la petite histoire, j’ai lu je ne sais plus où que la vraie Elizabeth Philpot aurait rencontré Jane Austen et inspirée le personnage de Miss Dashwood…)

La terre et l’océan : un terrain narratif puissant

Que dire d’un roman qui place son intrigue quasiment exclusivement au grand air ? Que c’est un anti-huis-clos ? En tout cas, je ne saurais que trop vous conseiller de lire ce roman à l’air libre, sur des rochers, assis face à une mer agitée, le visage fouetté par le vent iodé… Votre immersion sera alors totale. Impossible de ne pas avoir envie de lire ce roman face à une plage rocailleuse, de baisser de temps en temps les yeux vers nos pieds, afin de s’assurer que ce petit caillou n’est pas un bélemnite perdu à découvrir.

La nature est à la fois un décor et un acteur de ce roman. Décor de l’intrigue, elle berce les maisons et les chapeaux. Acteur de la fouille, elle offre ses trésors.

Un grand roman profond aux multiples facettes

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman. Et pas seulement parce que j’ai toujours été sensible à la plume de Tracy Chevalier… Non, pas seulement, mais je l’avoue, cela joue énormément. Ce roman m’a plu car il propose de nombreuses pistes de réflexion et de plaisir et ça, c’est toujours un bon point pour moi.

Prodigieuses créatures fait appel à des thèmes qui me séduisent :
– l’époque victorienne de la Grande Bretagne : avec ses lots d’évolutions, de technologies innovantes, les conflits sociétaires…
– la question de la place de la femme dans la société : ses évolutions, les combats de femmes qui ne se destinent ni à être des épouses ni à être des mères
– l’enthousiasme et la joie qui émanent d’une passion, qu’elle soit scientifique ou artistique.

Je vous invite à vous balader en bord de mer et à fouiller le sol, tout en lisant ce fabuleux roman.


Et vous, qu’en pensez-vous ?
Au plaisir de vous lire,
Pikobooks.

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