Premier article d’une longue série, ce billet répond à mon envie de, enfin, aborder la thématique de la grossophobie dans mes lectures (qui s’est transformée tout naturellement en Club des Grosses Lectures). Et si on essayait d’être inclusif.ve.s et éveillé.e.s ? C’est parti !

club grosses lectures miniature

Il m’a fallu du temps, car je suis faillible et imparfaite, et donc susceptible de dire des âneries, de blesser par ignorance ou auto-centrage. Certes. Mais je suis également concernée et je souhaite faire bouger les lignes. Comment le faire alors, à ma petite échelle ?

Réponse : utiliser les outils à ma disposition, à savoir mon envie de partager, et mon amour pour la lecture. (Nous pourrons dans un second temps nous intéresser aux autres formes d’expression artistique, mais je ne suis pas assez à l’aise avec ces domaines pour plonger dans le grand bain directement. M’enfin, si vous voulez créer un « Le Club des Gros Films », foncez !)

Vous l’aurez compris, cette série de publications ne sera pas parfaite, elle sera chancelante (voire irrégulière), mais elle se construira aussi au fil de nos échanges, ici ou bien sur Instagram (je vais soigneusement éviter twitter), pour toujours plus de compréhension de l’autre.

Partons sur de bonnes bases, causons définitions, ressources et associations. Et ensuite, je vous présenterai le club de lecture que nous allons construire ensemble.

Qu’est-ce que la grossophobie ?

(Dans la littérature anglophone, on parle de « fat phobia » ou « fat shaming »).

En 2019, le mot « grossophobie » fait son entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert et est définie ainsi : « attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids ».

Voilà pour les bases élémentaires.

Pour le niveau supérieur, la grossophobie va également de pair avec le sexisme, le validisme, le culte de la réussite capitaliste, le classisme (étant donné qu’elle est un marqueur de pauvreté dans une large partie de la planète), les LGBT+phobies... La grossophobie est une discrimination au carrefour de beaucoup d’autres. On ne peut donc pas en faire le tour uniquement avec une définition de dictionnaire. Nos lectures auront leur importance.

Où se renseigner avant toute chose ?

Je vous invite de tout cœur à faire un tour sur le site de l’association Gras Politique (et pourquoi pas à adhérer). Un formidable collectif de personnes gros-ses qui se battent pour l’inclusion de tous les corps. Gras Politique est un collectif queer, féministe, et anti-grossophobie.

Vous y trouverez des témoignages, des articles, mais aussi, par exemple, une liste de soignant.e.s susceptibles de ne pas vous discriminer lors de votre demande de soin (nous y reviendrons, mais la grossophobie médicale est un fléau dont il faut se débarrasser).

logo association Gras Politique

« Pourquoi Gras Politique ?

  • Parce que nous, personnes gros-ses ne supportons plus la grossophobie systémique que nous subissons.
  • Parce que nous, personnes gros-ses ne supportons plus la grossophobie et la maltraitance médicale.
  • Parce que  nous, personnes gros-ses ne supportons plus la discrimination à l’embauche.
  • Parce que nous, personnes gros-ses refusons le cycle infernal de la précarisation des gros-ses et de leur abandon par la société.
  • Parce que nous personnes gros-ses vivons, aimons, travaillons, chômons, étudions. Nous refusons d’être des citoyen-nes de seconde zone.
  • Parce que nous, personnes gros-ses, possédons un majeur, que nous nous apprêtons à tendre. »

« Ouais mais… J’ai une question ! »

Tu n’es pas gros-se et tu as une question ? File lire la Foire Aux Questions mise en place par Gras Politique. Elle est très complète et vraiment pédagogue et te permettra d’éviter les clichés et réactions épidermiques.

Le Club des Grosses Lectures

Périodicité et thématiques

Il existe plusieurs manières d’abord la question de la grossophobie dans la littérature. On peut s’intéresser aux essais, aux ouvrages de vulgarisation, aux romans inclusifs, aux romans mauvais élèves, aux erreurs, aux loupés, aux « dommage », etc.

J’ai donc réfléchi à un programme de lecture, d’abord trimestriel (mais pourquoi pas accélérer la cadence quand nous serons à l’aise les un.e.s avec les autres). Chaque trimestre, je vous proposerai deux lectures facultatives et des ressources numériques complémentaires (films, séries, documentaires, podcast…).

Recueillir vos avis au fur et à mesure

Nous n’attendrons pas la fin de chaque trimestre pour parler de nos lectures. Je pense que le plus intéressant serait de récolter vos opinions au fur et à mesure de chaque cession. Déjà car cela vous donne le champ libre et ne vous contraint pas trop, mais surtout parce qu’ainsi, pendant votre lecture, vous aurez peut-être accès à des clefs qui vous aideront à comprendre l’œuvre ou à déceler les éléments problématiques. Aussi, sur chaque article trimestriel, je vous propose de lister et linker vos chroniques de blog, vos vidéos, vos posts Instagram… au fur et à mesure que vous me les enverrez ou noterez en commentaire.

Rien n’est figé. N’hésitez pas à me faire vos suggestions, à me donner vos attentes et vos envies. Nous avancerons ensembles, même en chancelant. J'espère que ce projet vous intéresse et qu'il nous permettra de faire de riches lectures. A très vite sur la toile !

Et pour retrouver la sélection de ce semestre, spéciale Militantisme, c’est par ici ! 

Commentaires   

Cyanael
# Cyanael 14-03-2019 18:52
Salut, ce club de lecture est une très bonne idée. J'ai été sensibilité à la cause grâce au livre "La lune est à nous" de Cindy Van Wilder qui a permi de faire tomber quelque préjugés que j'avais :/ Depuis j'ai lu "Les milles visages de notre histoire" de Jennifer Niven et "P'tit gros" de Benoit Grelaud, tous deux très sympa.
Répondre | Répondre en citant | Citer

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Copyright © PikoBooks 2017